• Ca fait longtemps que je veux faire un feuilleton pour le blog. Le voilà, avec probablement une page par semaine; on suivra les aventures de Gavroche dans une association très spéciale... Bonne lecture! 

     

     

    MA VIE EST DES ROMANS

    CHAPITRE 1

    Vendredi

    Clac.
    Pandora vient de crucifier, d’un coup de punaise expert, un nouveau Post-it sur le 
    tableau de liège. Il faut être observateur, ou habitué, comme moi, pour savoir qu’il est en liège, ce tableau. À vue de nez, on croirait voir un amas de papier jaune: le ménage ne se fait pas souvent, à Rewrite.

    “-Pandora?

    -Oui?

    -Je me suis toujours demandé... Pourquoi les punaises? Tout l’intérêt des Post-it, normalement, c’est que c’est autocollant.

    -Plutôt que de dire des âneries, Aragorn, va demander à Midas de renouveler le stock. Ceux-ci doivent avoir une dizaine d’années, dit-elle en éparpillant le paquet de carrés jaunâtres sur le parquet poussiéreux de la pièce. Je veux bien économiser, mais au bout d’un moment, ça ne colle plus,.d’où les punaises.

    -Okay.”

    Aragorn, la trentaine, barbe de trois jours et yeux clairs, n’a pas ursupé son nom de code. Mais il me fait surtout penser au maréchal Cross, le mystérieux et débauché exorciste de D.Gray-Man, allez savoir pouquoi. Mis à part sa manie de poser des questions qui tombent toujours comme un cheveu sur la soupe, il est sympa. C’est lui qui m’a ouvert la porte de l’association quand je suis arrivé.

    Pandora, elle, est carrément le clone de l’héroïne d’Hugo Pratt. Je rêve d’être le Corto Maltese qui arpentera les mers avec elle, mais je n’ai aucune chance. Elle ne supporte pas d’être draguée et, de plus, a quelques années de plus que moi. Ses yeux verts et ses cheveux noirs iront donc à quelqu’un d’autre. Bah, c’est plus un fantasme de bédéphile qu’autre chose, de toute manière. D’autant plus qu’elle a vraiment un sale caractère.

    Avec moi, tout ce petit monde forme la section Rewrite, située dans l’arrière-boutique de la librairie MysterInk. Le QG ne paie pas de mine: quelques pièces sombres abritant les différentes sections. Pas d’acceuil, c’est la gérante du magasin, Vivianne, qui gère les demandes.

    Pas d’uniforme spécifique.

    Pas de publicité.

    Pas de budget.

    Pas grand-chose, quoi !

    Seulement notre motivation et le tableau. Enfin, le tas de papiers punaisés qui a animé le débat tout à l’heure. Chaque note est un ordre de mission, ou une Idée, comme on aime les appeller. C’est notre base, notre leitmotiv, notre gagne-pain, notre challenge quotidien: réliser les Idées. C’est Vivianne, aussi, qui nous les donne en nous “convoquant”. Mais aujourd’hui, à part Pandora, personne n’a reçu de boulot.

    “-Gavroche?

    -Oui?

    Le trésorier, Midas, vient de passer sa tête échevelée dans l’embrasure de la porte.

    -Vivianne veut te voir.

    Quand on parle du loup... Mais c’est bizarre.

    -Tout seul?

    -Oui.

    -Ouah, gamin, t’as été “convoqué” en solo ! siffle Aragorn.

    -Bonne chance, vieux, me lance Pandora tandis que je passe davant elle. Et n’oublie pas de demander pour les Post-it.” 

     


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  • EEEeeet voilà la suite !

    Le bureau de Vivianne est nettement mieux entretenu que notre section. Les murs sont fraîchement peints en blanc et décorés d’enluminures anciennes encadrées, une passion qui a valu à notre patronne son nom de code. À côté de la baie vitrée se tient une vieille bibliothèque en chêne sombre, seule tache sombre dans la pièce immaculée. L’ensemble est si lumineux que je suis aveuglé quand je rentre, les heures passées à mon bureau m’ayant fait oublier à quoi ressemble la lumière du jour.

    Vivanne est assise derrière son bureau, aussi souriante que d’habitude. Ses cheveux roux (un vrai feu d’artifice !) essaient de se discipliner dans un chignon, et ses formes très, disons, imposantes, remplissent à craquer un tailleur gris perle. On la reconnaît bien là, sexy, organisée mais un chouia espiègle. Elle a surtout beaucoup de courage pourgérer la joyeuse bande de tarés que nous formons.

      “-Gavroche ! Assieds-toi, je t’en prie.

    Je jette un regard circulaire à la pièce. Aucune chaise. Je ne vais quand même pas m’asseoir sur ses genoux ! Quoique, ça ne me dérangerait pas, il faut l’avouer.

       -Je voudrais bien, mais sur quoi?

    Vivianne éclate de rire. Espiègle, je vous l’avais dit.

       -Reste debout, alors, tu n’en as pas pour longtemps.

    Je m’assieds quand même sur son bureau.

    Se rapprochant de moi, elle me sourit (un peu trop sadique à mon goût, le sourire) et continue:

       -Mon petit Gravroche, tu vas me faire plaisir de ranger tout ce que je vais te dire dans l’onglet “Post-it” de ton cerveau. Et d’imprimer, une fois rentré à la Tanière, ce “Post-it” sur... un Post-it, justement.”

    Ba-bam.

    Ba-bam.

    Mon coeur danse une polka irlandaise.

    Calmons-nous et profitons-en pour accomplir le souhait de Pandora.

      “-En parlant de ça, les gars m’en ont fait demander un nouveau stock.

       -Impossible, coupe-t-elle. Midas a tout flingué dans l’achat de café. Le budget mensuel est à sec, j’en ai peur. Mais j’y pense !, s’exclame-t-elle, c’est ta chance de renflouer les caisses ! S’il reste du gain, il sera à toi.

    Ca commence à devenir ultra-chaud. Allez, je pose la question !
       -À moi? Mais c’est le chef de mission qui récupère tout, d’habitude.

    Mes lèvres tremblent autant que mes jambes quand je vois Vivianne afficher son sourire “je sais que tu sais”.

       -C’est une mission solo, mon petit Gavroche. Tu seras ton propre chef de mission et tu t’obéiras au doigt et à l’oeil. Compris?

       -Ou-ouiii.

    Que du bonheur.
       -Tu devras accomplir une mission type Polar. Dans un livre très célèbre, alors pas de 
    bourdes, compris?

       -D’ac, je marmonne.

       -Pour résumer, ma cliente voudrait entendre, rien qu’une fois, le son du violon de Sherlock Holmes.

       -C’est tout?, j’interromps, un peu déçu.
       -Oh, du calme, je ne vais pas t’envoyer au casse-pipe tout de suite ! Si tu espérais 
    une opération Rewrite, c’est raté, tu sais bien que seulement les confirmés peuvent s’en occuper.

       -Mouais.
       -Haut les coeurs, gamin! Tu sais bien que la recette de la mission n’est pas ta seule 
    récompense. Si tu parviens à mener ta mission à bon port, tu deviendras officiellement membre de la section Action.... et tu sais ce que ça implique, dit-elle en me faisant un clin d’oeil.

    La terre tourne. Ma première mission solo ! Je vais m’envoler quand le bruit du dossier de Vivianne tombant sur le bureau me ramène brutalement sur terre.

       -Voilà toutes les infos nécéssaires. Bonne chance, Gavroche.”

    Sa voix a repris un ton formel. La fête est terminée. La guerre commence. 


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  • Me voilà de retour dans la pénombre poussiéreuse de la Tanière (Rewrite, si vous préférez). Aragorn attend mon rapport avec impatience.

    “-Alors?

    -J’ai une Idée !, je déclare béatement.

    -Mais non, je parlais des Post-It.

    Il y a des fois, je lui ferais bien avaler, ses Post-It, je vous jure. Heureusement, Pandora intervient juste à temps pour éviter la catastrophe.

    -Génial, Gavro’ ! Tu vas où?

    -Je vais faire un p’tit tour au pays des chiens fantômes, des violons et de Jack l’Éventreur.

    -Sherlock Holmes? Veinard ! J’aurais tout fait pour récupérer cette mission, comparé à ma première, c’est le paradis. Besoin d’un éclaireur?

    -Non merci, je pars en solo, je te rappelle.

    Un petit ricanement d’Aragorn me fait me retourner brusquement, au risque de m’étaler sur les papiers jonchant le sol. Comment ose-t-il perturber ma joie?

    -QUOI, Aragog?, j’aboie.

    -Mission solo dans un classique... Tu n’essaierais pas de devenir Rewriter, par hasard?

    Hein? Il s’en rend compte maintenant? Il dort depuis tout à l’heure, ou quoi?

    -Oui, et en quoi est-ce que ça pourrait te concerner?

    -C’est la récompense, chantonne-t-il.

    Je sens venir les railleries... Il a sans doute deviné, le fourbe ! Sous ses airs d’étudiant mal rasé, il connaît tout et tout le monde dans l’association. Faisons semblant de ne rien comprendre.

    -Comment ça?

    -Ah, fais pas l’innocent ! ‘Faut quand même avouer que tu t’es récupéré un de ces...

    -ARAGORN !, hurle soudain Pandora. Tu vas la boucler, oui? Je te rappelle que le tien aussi était ridicule. Pas la peine de te moquer de tous les Apprentis qui essaient de s’en débarasser. T’avais fait la même chose, à l’époque.

    -Du cAlme, la miss.

    Aragorn s’est rassis, ou plutôt affalé, sur le Trône, son fauteuil de cuir aussi comfortable qu’usé. Enfin, il en a l’air. C’est interdit de s’asseoir dessus sous peine de mort immédiatement délivrée par son proprio, le fier roi de la Terre du Milieu.

    -Je le taquinais juste un peu. On va pas en faire un fromage, non?, continue-t-il. Pandora, reviens à ta place, on a du boulot. Et toi, gamin, va donc admirer la magnifique collection de feuilles dont Vivianne t’a généreusement fait don. Après ça... Tu pourras y aller. On terminera ta paperasse.

    -M-merci, je bafouille.

    -De rien, petit, répond Aragorn en se penchant sur sa tonne de rapports. Et bonne chance, surtout !

    -Tiens, Gavro’, sourit Pandora. Elle me tend un Post-It jaune décoloré.

    Je lui adresse un sourire gêné et timide et trace, sur le carré de papier, ces mots:

    IDÉE 1
    de GAVROCHE
    TYPE POLAR
    TITRE: LE DÉTECTIVE MÉLOMANE

    ROMAN: SHERLOCK HOLMES

    Je fais un pas vers le tableau en froissant une bonne dizaine de feuilles à terre. L’Idée aterrit sur deux autres; la première d’Aragorn, demandant le sabotage du cheval de Troie, et une autre, que j’ai réalisée avec Pandora, dans Alice au pays des merveilles, réclamant la mort de la reine de Coeur.

    Le Post-It se cramponne un moment au tableau avant de retomber en voletant sur les fiches piétinées sans pitié.

    “-Beuh?, je fais comme un ahuri.

    -T’en fais pas, Gavro, c’est normal, rigole Pandora. Tiens, prends une punaise.” 


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  • Toutes mes excuses à Lili Panda et aux autres lecteurs de ma fiction ! J'ai commencé, pendant les vacances, un n.4 mais j'avais du mal à me concentrer et quelques explications nécéssaires n'ont pas été trouvées... Alors je dois vous annoncer que les prochains épisodes sont retardés de deux semaines (*bam bam bam*) en raison de mon épreuve d'Histoire des Arts qui arrive et d'une visite chiante qui me pompe tout mon mercredi ù_u

    Gavroche, Aragorn, Vivianne, Pandora et Midas vous souhaitent une bonne semaine et vous prient de ne pas me taper, car sinon je ne pourrai plus écrire.


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  • Désolée du big retard ^^

       Le couloir qui mène au Portail est étroit et noir. Aujourd'hui, en plus, il me semble affreusement long. Forcément, sans Aragorn ou Pandora pour me bousculer et me dire d'aller plus vite, je garde ma démarche de paresseux zombifié. Vous n'allez pas croire que j'ai peur. Nan nan nan. Pas du tout. Je suis absolument tétanisé.

      Enfin le bout du corridor ! La porte qui mène à la salle de transfert est une sorte de mastodonte d'ébène. Une des portes de la Vérité chipée dans Fullmetal Alchemist, butin d'Aragorn.On ne croirait pas qu'un monstre preil puisse rentrer dans un espace aussi petit. Franchemetn, des fois, Pandora et moi, on s'est demandés si notre cher chef n'avait pas eu recours à l'alchimie pour l'installer. Passons. La porte s'ouvre étrangement facilement (là encore, le mystère reste entier). C'est la première fois que je la pousse moi-même. D'ailleurs, j'emploie un peu trop de force pour la pousser et je m'étale dans la salle, victime de mon élan,pile devant le Portail.

       Le Portail, pour tout vous dire, c'est le miroir qu'alice elle-même utilisa pour se rendre au pays des Merveilles.Vivianne l'a trouvé dans une vieille boutique miteuse. Elle est tombée dessus en cherchant des bouquins pour une cliente. Littéralement. Quand elle a trébuché sur la pile de livres et qu'elle a percuté le miroir caché par un rideau, elle a plaqué devant elle le livre qu'elle feuilletait pour amortir sa chute... Et paf ! Elle s'est retoruvée non pas au Pays des Merveilles, mais dans le bouquin en question. Bref, elle a dépensé l'argent de sa cliente dans cet objet rare et a ouvert Rewrite.

       Il est joli, ce miroir, il est un peu usé mais a beaucoup de charme (Je parle comme une grand-mère, j'en suis conscient et j'en ai honte). On se voit à peine dedans, il est toujours comme voilé par une couche de brouillard. J'ouvre Sherlock Holmes et le pose, ouvert sur le passage que j'ai choisi, sur la glace. J'ai le coeur qui va exploser.

       La brume m'engloutit. Je ferme les yeux, envahi par une lourde torpeur. En m'évanouissant, je crois entendre le vague son d'un violon et une odeur d'opium.


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